La vie est ainsi faite Yasser !

Publié le par nicolas voisin

Il lui a relevé l'index, comme le veut la tradition, il avait été couché le regard tourné vers l'est. L'homme de foie a alors prononcé la shahada "il n'y a de Dieu que Dieu, et Mahomet est son prophète".
Et l'homme est mort.
L'imam s'en est allé.
L'on se souviendra que l'homme avait un rêve "Jérusalem, c'est mon rêve"... I Have a dream...
il a passé l'Aïd, il est au paradis.
"Tous les hommes et les femmes de Palestine sont Arafat. Arafat n'est pas mort, car Arafat, c'est toute la Palestine..."
 
Puisse la rue ne pas avoir raison...
 
Car Yasser était d'abord un terroriste, un homme de guerre (et paradoxalement prix Nobel de la paix), quoi qu'en pense la presse unanime - sauf israélienne. "la perte est géante, le symbole est unique, ce sera impossible de le remplacer"... puissent-ils se tromper... Ou mieux, le remplacer par un homme de paix. Un Mandela.
Yasser voulait-il la paix ou souhaitait-il incarner à jamais celui qui a dit non au compromis ? Homme du double langage, il a dit la destruction d'Israël, qui figure dans les fondements de l'OLP, "caduque", mais n'a pas su ou voulu calmer la rue, négocier avec Bill, apprécier les gestes, même de Sharon.
Quoi qu'il en soit, l'homme, dont on a incroyablement fait durer l'agonie, laisse en héritage la cause palestinienne. Un lourd héritage. Et s'il ne saisissent pas immédiatement l'occasion, ce pourraient être les israéliens les grand perdants... Abou Amar (son nom de guerre) aura-t-il instillé la paix ? 
 
Sa main usée s'est refermée et ses secrets avec lui sont enfouis...
 
Le grand tabou du grand Israël est il enterré ? Les américains vont ils s'impliquer d'avantage ? Ils ont besoin de l'Europe comme des pays arabes pour tenir leur agenda irako-iranien, et ceux-ci ne pardonneraient pas à W de ne pas s'y investire, au delà de l'idée d'un état palestinien en 2009. "La route de Bagdad comme de Téhéran passent par Jérusalem" (Ami Ayalon, ancien chef du Shin Bet).
 
La feuille de route du quartet (USA, UE, UN et Russie) peut être déterrée.
 
Il est concevable que l'état souverain et démocratique palestinien voit le jour et cohabite avec son cousin et voisin dès 2005... Aujourd'hui, toutes les couches sociales palestiniennes exigent le respect de leur droit de vote. et refuseront un candidat placé là par une force extérieure (comme il a refusé les hommes de l'Égypte par le passé, notamment). 75 % d'entre eux sont inscrits sur les listes électorales !
 
Et Ariel, jouera-t-il au feu avec la Cisjordanie, comme il l'a laissé entendre aux colons à la Knesset ?
 
Pour tant de raisons, l'Europe - et la France - doivent entrer de plain-pied dans la négociation. Et de la même façon les État-Unis.
 
Et les islamistes, quelle va-t-être  leur position ? ils ont boycotté le précédant scrutin, je doute fort qu'ils boycottent celui-ci...
 
Guérillero, orateur, catalyseur, le vieux, ce chef de village, l'élu parmis d'autres prisonniers, laisse tout un peuple qui pleure, sans terre et sans passeport, devenu à travers sa lutte nombril et caricature d'un monde trop complexe pour se défaire de ses névroses à échelle humaine.
 
Dans 50 ans nos enfant apprendront à l'école qui était cet arabe avec un bizarre keffieh noir et blanc sur la tête et partiront à Haiffa au Club, bronzer et chiner dans les boutiques de la Mouqata'a, à Ramallah, surfer sur les vagues artificielles du complexe touristique de Gaza et se demanderont pourquoi il s'appelle l'Arafat Inn resort... dans 50 ans... Aura-t-on encore la candeur de se réjouir alors de cette paix retrouvée après avoir vu couler tant de sang ? Sans doute, et je l'espère.
 
La vie est ainsi faite

Publié dans la voix du blog

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