peinture fraîche !

Publié le par nicolas voisin


("travail en cours", clin d'oeil à un visiteur du matin au bistro du coin,
Galienni / lire en musique : Comptine d'un autre été (l'après-midi) de Yann Tiersen pour Amélie Poulain, via fenyx)

C'était un lundi... Non, un vendredi... Il s'était tout dit le matin même, en fait presque rien, juste "je t'aime, pense à faire les course", c'était une fin de semaine, c'est cela, je m'en souviens. Le temps était gris, mais il ne faisait pas froid, pas particulièrement, c'était en hiver. Il rêvait de soleil, elle rêvait de belles pierres, ils voulaient la bohême, avaient choisit Paris par ce que Rome c'était trop loin, qu'ils ne parlaient pas un mot d'italien, que Mireille ne voulait plus courir le monde, et parce que l'accordéon et le saucisson vont si bien au bonheur ; parce que tutoyer ce bonheur à une terrasse de Montmartre en sirotant un petit Grave, l'air absorbé par cette fourmilière qui allait et venait, c'était plus romantique que de le vouvoyer ailleurs... "Mireille aimait, l’amour, la vie et même le tourbillon incessant de ses pensées! Elle aimait sans se soucier trop de qui pourrait l’aimer. Elle aimait sans retour, juste pour le plaisir de donner. Elle recevait beaucoup sans rien demander, sans s’en préoccuper même. Jusqu’à Simon et ses démons, victime de l’Éros armé d’un fusil de chasse !" M en parle mieux que moi. Mireille souffrait de tant aimer et de tant piétiner..."Pauvre Mireille qui pue la tristesse et la peur alors que la vie est progression, qu’elle devrait être un état d’indescriptible enchantement, pas un état de pénurie, de limitations, de regrets."  M le savait bien, c'est à elle que Mireille écrivait ce que Simon n'avait pas su ou pas voulu entendre, ce qu'il n'entendrai plus, cette réalité qu'il avait fuit et ne verrai jamais en face. "Comment parler de lui, puisqu’il n’est plus là... "Tu" n'existe pas. "Tu" voudrait imposer. Ce sera "il" qui ne pèse pas, qui est très fluide Dérision du "tu". Ce ne sera plus. Ce sera aussi "vous" qui peut s'effacer très facilement, très doucement (petite gomme éclatante). Ce sera partout la très diaphane apostrophe. Plus encore... Que c'est long un soir sans vous... Un soir à la drôle de transparence. Qui ne se sent pas concerné ? Qui évite le personnel ? Recroquevillé sur une folie qui s'embarrasse. Une folie atrophiée. Je murmure pour des visages flous, pour des opacités (Regardez, qu'est-ce qui a l'air de fondre ?)" et lui dit : "ta bouche brûlure console ma blessure, aux mille épingles de plaisir exfolié, aux quatre veines pleurantes. Je saigne ma joie, mon coup de fouet sur ta joue, ta gorge, tes mains que je bénis."
Mais pouvait-il encore l'entendre...
 
Du bonheur comme de l'amour, je m'en souviens, Mireille ne goûtait plus que son désir, son manque. Cette année là on enterrait le Pape, cette année là on fêtait les 60 ans d'Auschwitz, le Darfour s'embrasait sans fin, Zarkaoui faisait plus d'audience que Bambi, l'espoir revenait en Israël et W n'avait pas encore lâché ses sbires sur l'Iran... Le DD fleurait encore bon l'utopie.
Cette année là Zoé est née.
 
Mais on n'en est* pas encore là, alors à quoi bon...
 
Zoé n'est qu'une idée,
Simon une caricature,
Mireille une cicatrice...
 
 
A force de faire des promesses, on doit rendre des comptes...
Recyclons nous...
 
 
*= merci Marinette, pour l'orthographe, 'suis une calamité !  si mon père voyait cela...
 

Publié dans romans & nouvelles

Commenter cet article

nico 04/02/2005 23:50

merci "grand vin" des "laurentides" ;-)... j'ai découvert si "bon" ce soir (flick jouant dimey), cela donne presque des scrupules...

20/20 04/02/2005 21:43

"Zoé n'est qu'une idée,
Simon une caricature,
Mireille une cicatrice..."

Très joli...

nico 04/02/2005 18:24

un petit verre frère kodak ?!

Frere Kodak 04/02/2005 17:53

Une conclusion qui fait mouche. Bravo

nico 04/02/2005 15:00

disons 7 à 8 posts par semaine maxi... d'autres projet (legrosnoeil) vont commencer à me prendre un peu de temps... j'espère qu'à vous aussi, car j'ai besoin de VOUS sur ce coup... (voir "le cri du blog", sous le bistro dans la BLPbox... Belle aprés-midi chère Marinette ;-)

Et puis j'ai un métier ! lol !