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Mon Mag' coup de coeur :


Je souhaitais manifester ici mon soutient à un mag qui me tient à coeur, et qui a besoin de vous ! Achetez TOC... Ces 3 Euros là sont sensés...

 

 

 


 Le tour du monde
en 5 clics




 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L'Europe en question :

le traité constitutionnel
document intégral (PDF 349 pages)
à télécharger librement
(via "
à gauche en Europe")

comprendre les enjeux
via "
à l'encontre"

 

 

Vous faites quoi ce jour là ?

 

Les-Blogs-Paris-S-1

lundi 25 avril / Paris

 

11 au 13 mai à Paris à l'UNESCO,
TIC et aide au développement

 

 

Samedi 21 mai /Paris :
"
Blog & Cahuètes Courts-Métrages"
au Barbizon




 

Débats suivis sur BLP :

Ukraine : Bientôt européens ?
débat avec Nicolas Le Roux, observateur de la récente présidentielle.

Quel Développement Durable ?
des éléments du débat, avis personnels et réactions face au drame en Asie
... Le débat continue
ici.

Pour ou contre l'entrée de la Turquie dans l'UE ?
les motivations (du oui comme du non) des français.
Un avis perso
ici - oui
l'avis inverse argumenté par "Calméro"(non) :

L'esperanto ou l'anglais ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Invitation
à débattre :

invitation effectuée le 30 décembre 2004
à DSK et à Alain Juppé :

"Monsieur, je me permets de vous proposer à nouveau, et de façon publique, un débat, notamment sur l'enjeu du développement durable, les choix et les frontières européennes, ainsi que sur l'usage des TIC et notamment des blogs en politique, débat auquel je convie ce jour, via son blog également, Alain Juppé / DSK, ainsi que tous ceux que cette proposition intéresserait. 
Ce débat pourrait trouver sa place de façon interactive, entre nos blogs respectifs. Cette démarche contributive peut être une chance, notamment d'ouvrir une discussion (au delà des partis) sur ces enjeux fondamentaux... très cordialement..."

Aucune réponse n'a jamais été reçue.
(voir l'article suite à  "blog et politique" ...)

(leurs blogs : voir les liens en colonne de droite)

 

 

C'est quoi un blog ?

 

BLP c'est aussi :
http://blp.over-blog.com

 

BLP "vu d'ailleurs"

(des mots de la blogosphère à propos de votre webzine)
 
Nicolas vient d'ouvrir un bar en direct sur son blog. Passionné de culture, de business, d'écriture, d'art, de surf, de poésie, de politique, d'amour, de blogs, de musique, de liens, de photos, etc., il vous reçoit chaque jour dans son chat-bar en attendant de choisir une passion qui le priverait d'une autre, ce qui serait philosophiquement insupportable. Ou pas. 

 

 

Mon googlefights :
BLP vs biologikpolitik

 

Mon technorati :
url

Mon pubsub :
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Stats en temps réel :
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moostik
(mis en place le 24 fév 05 après 40000 visites)

 

 

> Post-It Express
Elle m'a dit d'aller là haut, d'aller siffler sur la colline, elle m'a dit d'y aller bientôt, de taper "nues news blog" chez google... Elle m'a dit :)

Plus tard...
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Plus tard...

késaco

 

 

BLP est un TalkBlog,

une agora libre

un webzine participatif

100% indépendant,

sans autre prétention

que de le rester.

Et de grandir.

 

participez !

 

vous souhaitez rédiger l'édito du lendemain ? écrire un article ? un bulletin d'humeur ? mettre en ligne vos écrits ?

envoyez-moi un mail (nv.voisin@wanadoo.fr) !

 

vous souhaitez réagir à un article ? avoir la suite d'un extrait de roman ? discuter d'un thème abordé dans ces lignes ? lancer un forum / un débat en rapport à un sujet évoqué ?

cliquez sur "commentaire", présentez vous (ou non) dans les cases dédiées et tapez votre texte ; c'est automatique, votre commentaire sera aussitôt intégré sans manipulation de qui que ce soit.... jusqu'au prochain dérapage !

Il est grand temps de poser des actes.

ne vous contentez pas d'être simple visiteur, simple spectateur.

exprimez-vous !

 

 

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Un début à tout

 

il faut un début à tout, et j'en conviens, la démarche initiée aujourd'hui est ambitieuse. non pas que j'arrive armé de dizaines de propositions alternatives progressistes pour une politique innovante, audacieuse, et allant dans le sens de la vie, de l'humain, de son environnement et du développement durable (bio-logique), loin s'en faut...

l'initiative de cette démarche se doit d'être explicite : j'espère échanger et découvrir par ce biais le supplément d'âme qui, incontestablement, manque à notre vie politique, porter un regard (personnel mais soumis aux commentaires) sur l'actualité, discuter d'idées et de réflexions pertinentes, opportunes, pragmatiques, ou non !

mettre en cause doctrines, idées reçues et "vérité vraies" quand à notre devenir collectif (voir individuel) est un exercice enrichissant... puisse celui-ci l'être. 

si la démarche ainsi entreprise vous paraît (je l'espère ouvertement) intéressante, l'objectif est donc de vous inciter à participer. la participation est l'essence même de la démocratie, tout comme la critique (constructive), ou l'envie de tendre vers un monde plus stable, plus équitable. plus prompt à l'épanouissement de chacun...

échangeons, partageons. ce n'est pas anodin.

 

je vous propose donc une rubrique qui s'impose d'elle même : (6) qu'en pensez vous ?

° e-gouvernement mondial ?

° le Chi, Loula (les autres) et le DD ?

° après Bush-bis et l'unilatéralisme US ?

° synergie environnement-pauvreté-terrorisme ?

° guerres préventives ?

° Irak, Iran & co ?

° les Etats frères Israël-Palestine ?

° les Etats-Unis d'Europe ?

° et du Maghreb ?

° le rôle et les moyens de l'ONU ?

° devenir des orients, plus largement, et poid des religions ?

° après le colonialisme, aprés les POM et autres résurgences ?

° blogs et expression politique ?

° altermondialistes, à quand des élus ?

° qui demain en France ?

° taxe Tobin et autres "gadgets" ?

° commerce équitable, éthique et développement vertueux ?

° drogues, sexe, dépendances et autres "filtres"

° hommes-femmes, parité ?!

° BLP, le blog, biologikpolitik, la démarche, 1111, le programme... pertinents / intéressants ?

° et bien d'autres sujets de débats... dont ceux que vous suggérerez !

si je ne sais comment tout cela va se configurer, s'organiser, il est par contre d'hors et déjà vraisemblable que naîtront les rubriques : chroniques d'humeurs contemporaines et autres articles autour de l'actu et de "réflexions politiques", pour réagir et commenter le quotidien, tenter de s'élever (BLP / articles) ; se cultiver, échanger on line avec les liens, tous les liens, susceptibles d'apporter lumière et/ou contraste à ces débats (à voir / à lire + "les liens" à droite) ; ainsi qu'une rubrique qui m'est chère : textes, romans, nouvelles et essais non publiés pour ouvrir une agora libre à ceux que les maisons d'édition ou les canaux traditionnels n'ont pas souhaité mettre sur la scène publique, ou à des coups de coeur (romans et nouvelles) ; qui est qui (qui êtes-vous ?) afin de vous présenter ; des best of (c'est vous qui le dites), des modules guidant vers les articles recommandés ou les plus vus, vers les débats en cours, etc....

la porte est donc ouverte, cher internaute curieux. ici la curiosité restera toujours une qualité.

je ne peux qu'être sincère, le biais associatif ne me parait pas le meilleur moyen d'exprimer librement ressentis et aspirations. qui que vous soyez, bienvenu à vous. et aux extrémistes, aux névrosés haineux, je laisse un ultime message : je, nous, vous critiquerons sans fin. demain n'est pas si loin.

la "plume" est à vous...

 

Nicolas

 

 

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Programme 1111

 

 

Octobre 2004 -octobre 2005,

que pouvons nous faire pour donner des chance à l’avenir d’être plus épanouissant,

pour tous ?

 

Je tiens à évoquer ici un « axe de réflexion » qui trouve très simplement sa place, son sens, ici, maintenant. Je l’espère.

 

Il s’agit du programme 1111.

Curieuse aditions de chiffres en quête de sens, de mots pour l’exprimer… et réseau associatif à créer, de réflexion et d’expression du « mieux vivre, demain »

 

10

« 10 jours pour penser demain »

100 associations, organisations, partis et centres de recherche politiques, syndicats et médias de tous horizons se réunissent indépendamment sur une période de 10 jours pour réfléchir à « demain, un monde meilleur / Comment ? ».

à terme, chacun émet jusqu’à 100 propositions sur ce lendemain meilleur, vers une politique audacieuse et équitable, pour un développement durable et un épanouissement partagé.

 

100

« 100 jours pour s’accorder »

100 jours pour extraire les 100 propositions essentielles de ces premières réflexions, pendant lesquels 100 représentants de ces groupes de pensée font la synthèse de ces réunions amonts, accompagnés d’experts de toutes origines.

 

1000

« 1000 jours pour convaincre »

1000 jours durant, tous les moyens d’expression, de communication, de médiatisation de ces idées sont utilisés, par tous les intervenants, pour promouvoir l’intégration et la compréhension par les influencers, décideurs, politiques, comme le grand publique, de ses problématiques et des axes de réflexions résultants de ce travail.

 

1

« 1 bilan »

1 bilan objectif des actes effectivement engagés, posés, des actions en cours et progrès constatés et 1 ouvrage de référence d’édité et de diffusé au terme de ces trois premières années.

 

 

 

Ce programme ne pourra être engagé que s’il est le fruit d’une forte volonté collective et s’il s’enrichi d’individus charismatiques et déterminés, de partenaires courageux et près à s’investir… activement et durablement.

 

Ces partenaires requis sont :

 

° les associations et syndicats concernés

° les partis politiques et ONG

° les médias

° des centres d’études et agences de communication (RP, events, média, CRM …)

° des experts politiques, écrivains, philosophes, économistes, chef d’entreprises et personnalités engagées (entre autres)

° Vous ! investissez vous, ce programme n’existera pas sans vous (il ne s’agit pas là de démagogie mais d’une réalité, l’association « programme 1111 » elle même reste à créer…ensemble ?) !

° et soyons objectifs, mécènes, partenaires financiers, marques, sponsors, donateurs non-anonymes (que l’argent sal passe son tour, on fera sans lui) … nous avons, aussi, besoin de vous.

 

Tout est dit, si ce n’est que je vous propose que l’on en reparle… ou non.

 

N.Voisin

 

 

Ps : soutenir ce projet, c’est déjà nous contacter pour le faire savoir, c’est encore faire circuler cette information autour de vous, c’est aussi, et surtout, se demander ce que sois même l’on peut tenter d’apporter à cette réflexion… c’est ce que j’essaie également de faire. A condition de s’y investir, un « autre monde » est possible. au delà des partis politiques.

 

NB : se projet fait échos aux prises de positions d’Igniacio Ramonet, d’Attac, des forums sociaux, du groupe de Lisbonne, de certaines propositions des alter mondialistes ou encore des (surprenantes mais pour partie pertinentes) déclarations récentes de Chirac, Loula et autres promoteurs d’une « nouvelle voie de développement raisonnée », du DD (développement durable), entre autres…

 

dire du bien

OB ou rien !

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Mardi 4 janvier 2005
 
Entretient (en direct) avec Nicolas Le Roux, qui faisait parti des observateurs français indépendants qui ont assisté et contrôlé le bon déroulement des élections présidentielles du 26 décembre dernier en Ukraine.
 
Cette actualité avait été traitée, en long, en large, en liens, en travers sur BLP. Aussi, et compte tenu d'un référencement aberrant sur google qui fait de BLP l'un des sites les plus recommandés lors des recherches sur ce thème, mais également parce que ce débat sur les "nouvelles frontières de l'Europe" et la "démocratie en marche" me passionnent, j'ai donc décidé d'aller plus loin (plus loin que ce premier débat, toujours en cours, sur l'adhésion, ou non, de la Turquie, mais plus loin également que le strict traitement instantané de l'information régurgitée).
Ce débat est aussi l'idée de Pierre Cattan, de TOC, qui s'est également plongé dans ces réflexions... Merci Pierre.
 
Une première série de questions à Nicolas :
 
Vous étiez présent lors des ces élections, de votre point de vue (personnel), ce sont elles déroulées dans des conditions satisfaisantes, voir optimales ? Et quel est votre regard sur les grands challenges que l'Ukraine s'apprête à affronter, notamment en vue d'une adhésion (accélérée ?) à l'Europe des 26 (si cette adhésion intervenait après celle, probable et que personnellement je souhaite clairement, de la Turquie ) ?
 
Sa réponse est à suivre, en cliquant sur "commentaire",
ainsi que vos interventions, avis, regards croisés sur ces questions.
Nous inaugurons ici une forme interactive et participative de débat/interview ouvert à tous.
 
Bienvenu !
Par nicolas voisin - Publié dans : la voix du blog
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Commentaires

Vous étiez présent lors des ces élections, à votre point de vue (personnel), ce sont elles déroulées dans des conditions satisfaisantes, voir optimales ? J'étais effectivement présent, le 26 décembre, en Ukraine au sein d'une délégation d'une quinzaine d'observateurs internationaux (OI) de l'association RéSo, Réformistes et Solidaires (www.re-so.net). Pour ma part, j'ai participé à la surveillance d'une dizaine de bureaux de vote situés à une centaine de kilomètres au sud-est de Kiev. Dans tous les villages que j'ai eu l'occasion de visiter (cette région est relativement rurale), il m'est apparu que le scrutin s'est a priori déroulé de manière satisfaisante, les observations qui ont été mes miennes relevant plus d'inattentions ou de négligences que de fraudes à proprement parler. Cela a été le cas pour la plupart des observateurs de notre délégation. Pour autant, après discussions avec de nombreux autres OI, il apparaîtrait que quelques fraudes ont effectivement eu lieu dans les deux camps. En fait, loin de la mascarade électorale des deux précédents scrutins, il semblerait que l'un et l'autre candidat ont essayé d'assurer leur "emprise" sur leurs fiefs respectifs. Il en résulte des chiffres impressionnants tant de participation que de partage des voix dans certaines régions (Donetsk, par exemple), mais également un résultat qui, globalement, reflète cette fois-ci assez bien l'équilibre des forces. La non-participation active de l'appareil d'Etat dans les manigances électorales, grâce notamment à la présence de plus de 12000 observateurs internationaux, a permis une expression libre des électeurs et une campagne relativement digne et équitable. Je me range ainsi à l'avis de l'OSCE qui, sur la base des témoignages de ses propres OI, a considéré que ce scrutin remplissait les conditions démocratiques requises par la communauté internationale. Satisfaisantes, oui mais non encore optimales à coup sûr. Pour autant, il est remarquable de constater que le peuple ukrainien a fortement pris part à ce que je qualifierais d'apprentissage démocratique. Le sérieux et l'émotion de nombre de dépouillements a surpris et touché la plupart des témoins. La démocratie est en marche en Ukraine, c'est une certitude.
Commentaire n°1 posté par Nicolas Le Roux le 04/01/2005 à 17h16
Les défis de l'Ukraine sont ceux du prochain président, a priori Viktor Iouchtchenko. Ils sont de deux types, à mon sens. Tout d'abord, redonner vigueur à un pays dont l'unité reste fragile et la situation intérieure difficile. Ensuite, tisser un nouveau réseau de partenariats. Premier défi : la lutte contre la corruption. L'Ukraine, une ex-république soviétique de 48 millions d'habitants, est classée parmi les pays les plus corrompus au monde par l'ONG Transparency International. Pour lutter contre ce fléau, le prochain président devra réussir à former une majorité parlementaire, car à partir de septembre 2005 ses pouvoirs seront considérablement réduits au profit de ceux du Parlement. "Il faudra parvenir à former une majorité parlementaire qui aura à cœur de défendre les intérêts du peuple plutôt que ceux des députés comme c'est le cas actuellement", soulignait récemment le politologue Olexandre Derhatchev sur la chaîne de télévision Kanal 5. Aujourd’hui, toute la vie sociale, politique et économique est régie par le système de la corruption. Une embauche (dans le privé ou le public), l’obtention d’un diplôme à l’Université ou au lycée, l’accès aux logements, le système de soins médicaux, tous ces actes a priori simples sont fonctions de la somme en liquide que les Ukrainiens peuvent débourser. Ainsi, il revient moins cher à une famille ukrainienne de la classe moyenne d’envoyer ses enfants faire leurs études en France que d’acheter leur diplôme en Ukraine. La plus grande difficulté que rencontrera Viktor Iouchtchenko dans sa lutte contre la corruption résidera certainement dans sa capacité à imposer à ses propres alliés de changer leurs habitudes. En effet, on trouve même parmi les tenants les plus farouches de l’opposition des personnages qui ont vu leur ascension politique et/ou économique favorisée par la corruption. Deuxième défi : l'unité nationale. La carte électorale du scrutin du 26 décembre laisse apparaître la coexistence – tout du moins électorale - de deux Ukraine. Cette dichotomie est tout autant sociale et économique qu’historique et culturelle. La « nation Ukraine » existe officiellement que depuis 1991, mais peine à trouver ses référents. Cette identité molle s'est forgée au cours d'une histoire marquée par des dominations étrangères souvent très dures, polono-lituanienne, russe ou encore austro-hongroise (la Galicie) et même ottomane (la Crimée), sans parler des invasions (la campagne hitlérienne). Un petit retour en arrière permet de mieux comprendre la situation actuelle de ce pays. En 1648, le chef cosaque Bogdan Khmelnitski, épuisé par ses guerres avec les Polonais, demande au tsar Alexis d’intégrer l’Ukraine à la Russie. La russification du pays se fait alors de manière systématique et sans trop de résistance. C’est ainsi en russe que le grand écrivain ukrainien Nicolas Gogol écrira l’intégralité de son œuvre. Pour autant, cette russification n’éradique pas l’héritage culturel et linguistique de ce territoire ainsi qu’en témoigne la figure du grand poète Tarass Chevtchenko qui donnera son nom à la principale université de Kiev. Il faudra attendre 1920 et l’entrée à Kiev du maréchal polonais Pilsudski pour voir cette situation évoluer. Une véritable guerre entre Varsovie et le jeune pouvoir soviétique issu de la révolution de 1917 s’ouvre alors qui débouchera sur l’occupation de l’Ukraine occidentale par les Polonais et l’installation de colons dans cette zone. Ce sont ces mêmes habitants qui seront, dès 1939, déportés par les Soviétiques puis, dès 1941, massacrés par les Ukrainiens. Le chef nationaliste Stepan Bandera tentera alors d’organiser une armée de libération antisoviétique, mais, faute d’avoir trouvé un terrain d’entente avec les nazis, il se retrouvera isolé et emprisonné. Après la Seconde Guerre Mondiale, de nombreux paysans ukrainiens seront à nouveau déportés vers la Pologne. Le paysage du sortir de la guerre a, en fait, peu évolué, léguant à l’Ukraine désormais indépendante une portion occidentale très agricole, majoritairement très pauvre – exception faite de la zone frontalière qui bénéficie du commerce avec la Pologne – et fortement nationaliste et, à l’autre bout de ce large territoire, une région orientale marquée par l’industrie lourde soviétique (cf. les usines géantes de Dniepropetrovsk, Kharkiv, Louhansk ou Donetsk), russophone et qui fournit plus de 80% du produit national brut du pays. Les revendications des gouverneurs de cette dernière région se rapprochent ainsi de ceux portés par les dirigeants de la Ligue du Nord en Italie avec un violent rejet des « vauriens » de la partie occidentale. Le problème linguistique se greffe, par ailleurs, sur ces divisions puisque la plupart des habitants de la zone orientale ne parlent que le russe. Le plus connu d’entre eux, le président sortant Leonid Koutchma en personne, n’avait ainsi que de vagues notions de la langue ukrainienne au moment de son arrivée au pouvoir. Il avait, par ailleurs, fait figurer en bonne place dans son programme, ainsi que l’a fait récemment Viktor Ianoukovitch, la reconnaissance du russe comme langue officielle. Cette mesure n’a pu encore aboutir. Autre ligne de différenciation, la religion puisque la majorité des habitants de l’Est est orthodoxe et fidèle au patriarcat de Moscou, alors que la majeure partie de la population de l’ouest est composée d’uniates, c’est-à-dire de catholiques de rite grec. Le sentiment qu'il existait deux Ukraine est principalement né lors de l'élection présidentielle de 2004. En effet, lors du referendum sur l’indépendance, les divergences entre l’Ouest et l’Est du pays n’étaient que peu marquées quant au dessein à donner à l’Ukraine. Cette crainte de visées séparatistes – qui se rapprochent plus du régionalisme au demeurant – est, en partie, due aux accusations portées par le pouvoir à l'encontre de Viktor Iouchtchenko selon lesquelles il tendrait à supprimer la garantie constitutionnelle en vertu de laquelle les Russes de souche sont autorisés à utiliser le russe comme langue d'enseignement dans les écoles. Cependant, lors de sa campagne, le candidat pro-occidental a assuré les russophones qu'il ferait respecter ces droits. Après l’élection de Viktor Iouchtchenko, l’ironie de la situation tiendra à la personne même du futur Président. En effet, il est un pur produit de la diversité ukrainienne. Né dans un petit village de l’Est de l’Ukraine à 40 km de la frontière russe, orthodoxe, il est marié à une uniate et a été plébiscité par la partie occidentale de son pays. A suivre sous peu... Troisième défi : la situation économique et sociale Quatrième défi : quelle place pour l'Ukraine dans les relations internationales ?
Commentaire n°2 posté par Nicolas Le Roux le 04/01/2005 à 17h22
La question des partenariats de l’Ukraine rejoint en quelque sorte la question d’une éventuelle « division » de l’Ukraine. En effet, un choix de Viktor Iouchtchenko de demander à rejoindre les institutions euro-atlantiques reviendrait à déstabiliser le partenariat privilégié de l’Ukraine avec la Russie et engendrerait un risque certain pour l’unité du pays, à commencer par la fidélité de la Crimée, république autonome dont les liens avec Moscou sont plus que ténus. Une telle démarche devrait être effectué en manoeuvrant habilement de façon à permettre un rapprochement avec l’Union Européenne – et éventuellement l’OTAN – tout en maintenant, ainsi que Iouchtchenko s’y est engagé, des relations économiques et politiques avec la Russie. A n’en pas douter, une modification substantielle de la Constitution dans un sens plus fédéral serait un préalable nécessaire à cette orientation, au-delà du compromis constitutionnel déjà réalisé sur les pouvoirs présidentiels. La question peut également être envisagée sous un angle différent. L’Union Européenne, et dans une moindre mesure les Etats-Unis, sont-ils aujourd’hui prêt à heurter de plein fouet la susceptibilité de Vladimir Poutine pour accueillir l’Ukraine ? Il apparaît évident que, pour sa part, l'Union européenne n'est pas prête à assumer sérieusement la perspective de l'adhésion à court ou à moyen terme de l'Ukraine. Les tiraillements internes quant à l’élargissement déjà effectué et les questionnements quant à l’adhésion de la Turquie laissent peu de place à une nouvelle candidature non encore inscrite dans le planning déjà établi des futurs entrants. De plus, il a été intéressant de constater la relative tiédeur des prises de position des grandes capitales européennes, au premier rang desquelles Paris, face à la situation ukrainienne. En s’en remettant quasi-exclusivement à la Commission Européenne et au gouvernement polonais, les dirigeants des pays européens n’ont pas, comme on a pu le lire ici ou là, poser les bases d’une future diplomatie européenne, mais bien fait preuve d’une timidité manifeste que les perspectives de contrats mirifiques avec le voisin russe aident à comprendre. Au sein de l’Union, comme aux Etats-Unis, la tentation est forte d’accompagner les « révolutions de velours » en Ukraine comme, hier, en Géorgie ou en Serbie pour accroître la sphère d'influence occidentale et, accessoirement, l’extension de la démocratie. Pourtant, la perspective d’un sursaut russe mâtiné de nationalisme revanchard ne laisse personne indifférent et occasionnerait des conséquences que peu s’aventurent à envisager. Aussi, résulte-t-il de cette ambivalence une prudence affectée et, au final, tout à la fois complaisante avec Vladimir Poutine et souriante avec les nouveaux maîtres de l’Ukraine. Cette discrétion diplomatique n’est que le pendant d’une crainte de déstabilisation du centre du continent. La tâche de Viktor Iouchtchenko sera donc compliquée à double titre. D’une part, il devra dépasser les réticences de ses partenaires occidentaux peu enclins à se montrer à la hauteur des espoirs d’une partie du peuple ukrainien et, parallèlement de ses promesses de campagne (cf. l’adhésion à l’UE). D’autre part, il devra faire montre d’une habileté et d’une méfiance renforcées dans sa relation avec un pouvoir, échaudé par son échec à imposer son candidat officiel et l’échec programmé d’un espace économique commun entre la Russie, l'Ukraine, la Biélorussie et le Kazakhstan. Ce projet, grand œuvre voulu par Vladimir Poutine pour contrebalancer le poids de l’Union Européenne dans la zone d’influence post-soviétique aura, en effet, bien du mal à se remettre du changement d’orientation du pouvoir ukrainien. Trouver le juste équilibre dans la combinaison des avantages d'une plus grande proximité avec l’Union Européenne et ceux d'une relation intime et, par certains aspects, indépassable avec la Russie, telle semble être la seule voie de sagesse pour Viktor Iouchtchenko dans les années à venir.
Commentaire n°3 posté par Nicolas Le Roux le 04/01/2005 à 17h43
Je laisse de côté pour l'instant la question économique et sociale ukrainienne qui ne me paraît pas nécessairement la plus intéressante dans ce débat. Nous pourrons naturellement y revenir si d'aucuns le souhaitent. Le débat est ouvert !
Commentaire n°4 posté par Nicolas Le Roux le 04/01/2005 à 17h45
justement, sur ce dernier point, pensez-vous que l'Ukraine soit "destinée" à intégrer le groupe Europe, sachant que ce processus est long, sans doute vertueux, mais que Moscou, notamment, pésera de tout son poid pour freiner ou dissuader Kiev ? Quel est votre regard sur la pertinence, ou non,  de l'entrée de l'Ukraine dans l'UE ?
Commentaire n°5 posté par nico le 04/01/2005 à 17h57

nb: nos "commentaires" et ma question et vos derniers posts en particulier, se sont croisés !

 

Commentaire n°6 posté par nico le 04/01/2005 à 18h00

il y a-t-il quelque chose, en particulier, sur lequel vous souhaitiez revenir, afin de lancer pleinement ce débat et en amont des questions ou réactions d'autres internautes ?

N'êtes-vous pas, par exemple, déçu, de la timidité des pays de l'UE face à la question de cette adhésion ? J'entends (une nouvelle fois), à titre personnel. L'Europe fait preuve d'une timidité maladive, comme une "honte" de se penser forte. Et grande (cela peut aussi être paradoxale) Et les européens en premier (nous !) de trainer les pieds sur la question de la constitution, quand d'autre se disent près à "mourrir" pour la démocratie. Quel est votre regard sur cette Europe qui, avec le DD, composent les rares rêves de notre "génération" ?

Commentaire n°7 posté par nico le 04/01/2005 à 18h11
bravo pour cette présence internationale et pour l'éclairage donné sur ce blog !
Commentaire n°8 posté par jm le 04/01/2005 à 19h53

le débat est ouvert à vos questions, avis ou commentaires... à vos claviers !

;-)

Commentaire n°9 posté par nico le 05/01/2005 à 10h11

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