e-sourions !

Publié le par nicolas voisin

 
J'ai rencontré ma femme sur internet. Je travaille de chez moi pour un groupe US, essentiellement par mail et "intranet". Mon blog est devenu mon premier hobbies (délaissant jardin, surf, sorties) j'y passe des heures par jour, par soir. J'achète mes billets de train, d'avion, mes vacances, de la musique, des cadeaux par internet, j'y lit la presse, y fait des recherches, y écoute la radio, et dans huit jours je vivrais au quatrième (étage) dans le vingtième (arrondissement), sans ascenseur et momentanément sans voiture. Sans les supermarchés en ligne, inutile de vous dire que j'aurais été bien embêté de ne pouvoir faire de grosses courses, "on line", livrées "at home". Je discute avec mes amis, avec ma famille, sur msn messenger. Je "chat" aussi avec ma compagne, nous nous sommes charmés ainsi mais n'avons jamais cessé d'entretenir ce "fil d'Ariane"... J'ai vécu aux antipodes, où mails, webcam et autres outils électroniques nous étaient absolument nécessaires pour "garder le contact". Dans ma précédente entreprise, un bug informatique nous démontra un jour combien nous étions devenu dépendant du web, des mails, du chat, des blogs... Suis-je représentatif de ces presque trentenaires métrosexuels e-dépendants ?
 
Et demain ? Mes enfant iront-ils à l'école ou celle-ci viendra-t-elle à eux ? Ira-t-on encore au bureau pour s'aditioner dans des embouteillages, s'y énerver, polluer et finalement se caramboler aux heures de pointe ? Ira-t-on au café, chez le médecin, consulter un avocat, voter, visiter, comme aujourd'hui ? Bien entendu non. Tout cela a d'ailleurs déjà bien changé. Mais petit à petit - et ce petit là va a une vitesse folle - l'on se rencontre moins, on se créer sa bulle ad hoc, et sans doute y perd-t-on au moins autant que l'on y gagne. Parce qu'apprendre, se cultiver, s'informer, confronter son avis n'a jamais été si facile. Mais pendant ce même temps, aimer, tolérer, comprendre et donner est devenu plus délicat, véritablement plus complexe. Nous devenons exigeant. Bien trop exigeant. Nous sommes, et j'en suis, des enfants gâtés qui ne devraient pas se regarder la névrose en baissant la tête mais la relever, et se remettre en cause. Je vois trop de mines aigries ! (Mince, une glace, s'était moi ce coup-ci !) Sortons ! Allons boire un coup ensemble ! Réapprenons au moins à sourire... Non ! Pas là, face à votre PC ; ça n'a jamais rendu un sourire un écran d'ordinateur. A l'Autre. Aux autres. Et à sois d'abord.
 
NB : un chien non plus ne rend pas un sourire, j'ai essayé, même avec deux, ça ne marche pas ;-)

Publié dans la voix du blog

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