Edito du 26

Publié le par nicolas voisin

Pas une minute ce matin... je vous laisse en excellente compagnie :

Revue de presse par le
NOUVELOBS.COM

| 26.11.04 | 06:40

Certains quotidiens reviennent

vendredi 26 novembre

sur la situation en Ukraine...

 

LE FIGARO
Michel Schifres

L'humour de Vladimir Poutine est très particulier. Il n'y aurait rien à redire à son jugement selon lequel les résultats de l'élection en Ukraine sont "transparents" s'il correspondait à la vérité. Ni à sa volonté de ne pas intervenir "de quelque manière que ce soit dans le processus électoral" si ce souci était évident dans toutes les régions que la Russie contrôle, à commencer par une grande partie de l'Ukraine. En fait, le chef du Kremlin a une certaine idée de la démocratie, fondée sur un principe simple : il faut qu'elle lui convienne. (...) Au moins la crise de Kiev a le mérite de poser concrètement l'habituelle interrogation : que peut faire l'Europe politique ? Est-elle capable d'agir ? Déjà si elle faisait comprendre à Poutine que la démocratie est le respect d'un peuple en marche vers son destin, cela ne serait pas négligeable."

LA TRIBUNE
Pascal Aubert

"Alors que les échos de la nouvelle question ottomane retentissent aux quatre coins de l'Union européenne, voilà les Européens brusquement confrontés, bien plus tôt qu'ils ne s'y attendaient, à un autre casse-tête sur leur frontière orientale. Comme la Turquie, l'Ukraine est un carrefour géographique où se sont toujours entrechoquées les influences et les cultures. (...) Aucune des deux parties n'acceptera de capituler. L'issue de la crise actuelle ne sera trouvée que dans une réaffirmation des deux camps de leur désir de continuer à vivre ensemble et dans leur volonté de dialoguer - directement ou par médiateur interposé - pour y parvenir. Est-ce encore possible ? Peut-être, si les passions s'apaisent, si la radicalisation s'efface au profit de l'esprit de compromis et, surtout, si les acteurs extérieurs cessent de souffler sur les braises."

LES ECHOS
Françoise Crouigneau

"Le "niet" européen s'est sans doute exprimé en termes retenus au sommet euro-russe de la Haye. Mais on a trop brocardé l'Europe pour sa timidité lorsque ses relations avec la Russie sont en jeu pour ne pas s'en féliciter.
En jouant la fermeté face à Vladimir Poutine dans la crise ukrainienne, les Vingt-Cinq sont dans leur rôle: rappeler les règles élémentaires du jeu démocratique à un président russe prompt à les tordre chez lui comme dans sa zone d'influence. Tout en offrant leurs bons offices pour trouver une porte de sortie à Kiev, désormais aux frontières d'une Europe élargie à la Pologne. (...) Agiter le spectre d'un nouveau rideau de fer aux frontières de l'Europe élargie est excessif. La Russie est désormais trop intégrée sur la scène diplomatique et économique mondiale pour imaginer un retour à l'ordre soviétique. Et Vladimir Poutine a formellement entériné hier, à la Haye, la réalité d'une Europe à vingt-cinq. Reste à cette Union vers laquelle Viktor Iouchtchenko s'est tourné à dépasser le stade du simple dialogue de sourds avec Moscou. Et à s'imposer de façon crédible et forte pour assurer la stabilité à ses nouvelles frontières."

LA REPUBLIQUE DES PYRENEES
Jean-Marcel Bouguereau

"Ce n'est pas qu'une impression. L'hiver ukrainien a cette année des allures de printemps polonais.
La même énergie, les mêmes foules mues par les mêmes aspirations à la démocratie, par les mêmes frustrations due à tant d'années vécues sous un régime autoritaire. La révolution orange fait irrésistiblement penser à la "révolution autolimitée" chère à Jacek Kuron, le père de l'opposition polonaise. Mais, à part la neige et le froid qui engourdit les centaines de milliers de manifestants, il y a une autre différence majeure, c'est qu'un quart de siècle a passé et que la donne internationale a changé. (...) Hier, première victoire, la Cour suprême a décidé de suspendre la publication des résultats électoraux jusqu'à l'examen de l'appel de l'opposition. Hier aussi l'état-major de l'armée de l'ouest a déclaré que celle-ci n'allait pas s'attaquer à son "propre peuple". Hier encore, Viktor Ianoukovitch, vainqueur contesté du scrutin a accusé les "pays démocratiques" de soutenir une opposition "aux actions antidémocratiques et illégales". Y aura-t-il un Jaruzelski ukrainien ? Pour l'instant rien ne l'indique, même si la partie est loin d'être finie."

LA CHARENTE LIBRE
Jacques Guyon

"Vladimir Poutine et Jan Peter Balkenende, président en exercice de l'Union européenne, n'ont pas vraiment - mais on s'y attendait...- la même lecture de ce qui se passe actuellement en Ukraine. Le premier, commentant à l'issue d'un sommet entre la Russie et l'Europe à La Haye la crise ouverte par le scrutin présidentiel ukrainien, continue à parler de "résultats transparents". Le second explique, comme l'ont déjà fait les Américains et les Canadiens, que l'Union européenne "ne peut accepter ce résultat" entaché de multiples fraudes électorales. Chacun campe donc sur ses positions comme campent les partisans de Viktor Iouchtchenko par moins dix degrés à Kiev. (...) Mais l'essentiel est que les Ukrainiens aient, eux, reçu le message et qu'ils aient décidé hier, à l'initiative du président sortant Leonid Koutchma, d'user de la médiation des présidents polonais et lituaniens pour tenter de sortir d'une situation qui continue d'être très dangereuse. Et pas simplement pour l'Ukraine..."

LES DERNIERES NOUVELLES D'ALSACE
Jean-Claude Kiefer

""Bas les pattes de l'Ukraine", a dit en substance le président Poutine à l'adresse des Européens, hier à La Haye au sommet UE-Russie, en qualifiant de "transparente" la présidentielle ukrainienne... après s'être empressé - pour défier les Vingt-Cinq - de féliciter le candidat pro-russe Viktor Ianoukovitch pour son "élection". Une "élection" officiellement "inacceptable" pour l'UE. (...) Une partition de l'Ukraine fait peur à tout le monde. Elle serait source de tensions à l'intérieur du pays et à ses frontières, jusque dans l'UE : face à la Slovaquie vivent des Slovaques et Hongrois ukrainiens, face à la Hongrie, des Magyars d'Ukraine et près de la Pologne, de la Moldavie et de la Roumanie, les appartenances "nationales" restent floues. Une Ukraine unie, ouverte, démocratique et prospère est dans l'intérêt de tous, Russes et Européens. L'est-elle encore dans celui des Ukrainiens ? Les esprits sont tellement échauffés que tout est à craindre..."

LA MONTAGNE
Dominique Valès

"La crise ukrainienne vient ressusciter un passé que l'on croyait définitivement révolu : celui d'une Europe orientale sous l'emprise soviétique. L'URSS a bel et bien disparu et le communisme s'est effondré.
L'une et l'autre éveillent encore des nostalgies, mais seulement une infime minorité souhaite les restaurer. Seulement, les pratiques, elles, ne se sont pas volatilisées avec la fin du totalitarisme. (...) Ce dialogue de sourd pourrait déboucher sur un bras de fer, avec un double enjeu. D'une part, le choix, par les Ukrainiens, d'un président entre les deux Viktor, tous deux anciens premiers ministres, mais dont l'un a le soutien de Moscou et l'autre des occidentaux : la bataille est à la fois politique et juridique. D'autre part l'intention, ou non, de Vladimir Poutine de s'octroyer une sphère d'influence en maintenant sous le contrôle du Kremlin des Etats jadis enrôlés de force sous la bannière de l'Union soviétique : l'avenir de la coopération entre la Russie et l'Union européenne en dépend."

L'ALSACE
Patrick Fluckiger

"L'Union soviétique est morte fin 1991, mais l'empire russe continue d'exploser de toutes parts. L'année dernière, Vladimir Poutine a vu, les dents serrées, la petite Géorgie sortir du giron de son protectorat.
(...) Ce qui se passe aujourd'hui en Ukraine rappelle ce scénario, avec, cependant, des différences de taille : l'Ukraine est plus grande, plus riche et dix fois plus peuplée que la Géorgie. Elle a aussi des liens plus étroits avec la Russie, les deux pays étant slaves. (...) L'attitude de Vladimir Poutine, le président russe, est moins encourageante. Il a tout fait, hier, pour conforter son poulain Ianoukovitch. Et il n'est pas le seul à mettre de l'huile sur le feu. Lech Walesa a eu tort de se rendre à Kiev pour soutenir Iouchtchenko. Les Ukrainiens n'ont pas besoin d'apprendre à faire la " révolution ". Ils n'ont pas à " choisir leur camp " entre l'est et l'ouest, comme certains, de part et d'autre, tentent de le faire croire. Ils ont simplement besoin de voter sans pressions extérieures. (...)

SUD-OUEST
Frank De Bondt

"Si l'Union européenne a un sens, une esquisse d'identité politique, des valeurs à défendre et une envie d'exister, c'est l'occasion pour elle de le montrer.
L'Ukraine figure parmi ses voisins, s'inscrit sur le même continent et se trouve dans la liste des pays de l'ex-Union soviétique auxquels Bruxelles offre un partenariat privilégié, à défaut de leur proposer une adhésion pure et simple. En échange de quoi, ces pays sont invités à prendre des engagements en matière de démocratie et de respect des droits en vigueur dans l'Union européenne. C'est dire si celle-ci est autorisée à exprimer "haut, clair et fort", pour reprendre l'expression du nouveau président de la Commission, José Manuel Barroso, tout le mal qu'elle pense de la falsification des élections ukrainiennes. (...)"

LE REPUBLICAIN LORRAIN
Camille Ollivier

"Politique et juridique, la crise ukrainienne a pris un tour international. L'affrontement entre les deux candidats à la présidence, l'un réputé pro-russe, l'autre pro-occidental non seulement place le pays au bord de la guerre civile, mais suscite entre la Russie et l'ensemble des pays occidentaux un climat d'extrême tension. (...) "Au secours, l'URSS est de retour", est-on tenté de crier en constatant que l'ancien responsable du KGB n'a pas abandonné tous ses réflexes d'antan.
(...) Certes, avec l'entrée des pays d'Europe centrale et orientale dans l'Union européenne et l'Otan, la Russie peut avoir un sentiment de citadelle assiégée. Mais toute la stratégie des dirigeants européens, Jacques Chirac en tête, vise à le démentir en établissant avec Poutine des relations de confiance. Ce sont celles-ci qui, avec l'affaire ukrainienne, sont aujourd'hui menacées."

NORD ECLAIR
Jules Clauwaert

"Sans doute eût-il préféré contexte plus favorable pour la conférence euro-russe rituelle, qui siégeait hier à La Haye : mais personne n'imaginait que Vladimir Poutine ferait amende honorable de ses félicitations précipitées au candidat ukrainien pro-russe, qu'il était venu soutenir pendant la campagne présidentielle, désignant ainsi le vainqueur avant même les palinodies de la proclamation des résultats. (...) Laisser dériver l'Ukraine, pièce maîtresse dans la nouvelle grande Fédération russe, voilà qui serait sans doute bien pire trahison, pour l'ancien apparatchik qui a toujours promis de rendre sa fierté au peuple russe. (...) Il serait question d'une médiation polono-lituanienne.
En d'autres termes, les deux pays qui, à travers les siècles, ont marqué l'Histoire, dans ces "marches" de l'Est, aux frontières constamment mouvantes... (...)"

LE DAUPHINE LIBERE
Didier Pobel

"Appelons ce qui est en train de se passer en Ukraine comme on voudra. Un nouveau coup de sang des éternels lésés de la démocratie. Une fausse révolution d'octobre en novembre. Une sévère alerte "orange" - la couleur de l'opposition - sous la neige de la mer Noire. Qu'importe la définition! Ce qui est sûr, en revanche, au-delà d'un presque caricatural bras de fer entre les deux Viktor - Ianoukovitch et Iouchtchenko -, c'est qu'on n'a pas affaire ici à un banal sursaut contre un mensonge électoral d'État. (...) Aussi, ce qui est en train de s'écrire, dans cette République écartelée entre Moscou et les Vingt-cinq, et aujourd'hui peut-être au bord du chaos, ressemble, bien avant qu'on en connaisse l'épilogue, à un chapitre vivant de notre histoire à la fois répétitive et en marche. Celle de l'après-Guerre froide avec, ça et là, ses cendres mal éteintes. Celle d'une Europe qui ne peut s'élargir sans convulsions. Celle d'un pays dont on avait peut-être oublié qu'il fut celui de Yalta et celui de Tchernobyl."

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