Accumulation et Déchets

Publié le par nicolas voisin

 

Dans le pacifique, des atolls sont menacés d'engloutissement... sous les ordures.

"Comme si le réchauffement global ne suffisait pas, une nouvelle menace écologique risque d'engloutir nombre d'îles du Pacifique : l'accumulation d'ordures. "Autrefois réputées pour leurs plages de sable blanc, les îles du Pacifique sont menacées par une montagne de déchets. Les détritus gênent les courants pénétrant dans le port de la capitale des Samoa, Apia, et flottent au milieu des forêts de mangrove des Fidji, alerte The Guardian. Chaque coin de la région du Pacifique Sud est affecté".

Mais le quotidien londonien précise que le problème a atteint un point critique "dans les atolls de Micronésie situés à basse altitude". Epargnés jusque-là par une population restreinte et aux besoins traditionnels, ces lieux paradisiaques du tourisme sont désormais maculés de déchets. "Auparavant, on donnait les détritus en nourriture aux cochons, mais la pression démographique combinée à l'importation de biens d'importation ont changé la composition des ordures ménagères", observe le journal.

"La région de Tarawa, la capitale de l'archipel de Kiribati, est le coin le plus peuplé des îles du Pacifique, avec près de 40 000 habitants sur le chapelet d'îlots de coraux s'étirant sur près de 32 kilomètres le long de la frange méridionale de l'atoll, précise le Guardian. L'îlot le plus peuplé, Betio, a une densité de population plus importante que Tokyo."

Chaque année, les ménages de la région de Tarawa génèrent plus de 6 500 tonnes de gros déchets, et les seuls trois dépotoirs sont mal équipés. Ainsi, deux de ces sites de stockage laissent échapper dans la mer des détritus, que l'on retrouve sur les plages de Tarawa. "De plus, renchérit Ritia Bakineti, un agent de la protection de l'environnement à Kiribati, les ménages trouvent tout à fait normal de jeter leurs déchets dans le lagon ou dans l'océan", rapporte le journal. Les conséquences de ces dégradations environnementales se font désormais ressentir : on déconseille à la population de consommer crus des produits locaux de la mer, et les nappes d'eau souterraines sont contaminées.

"Mais les problèmes de Kiribati sont insignifiants comparés à ceux de son voisin Tuvalu, un Etat dont la surface totale équivaut à moins d'un tiers de celle de Tarawa". Sur l'îlot de 2,4 kilomètres carrés de Funafuti, la capitale, les 4 000 habitants génèrent environ 20 000 mètres cubes de déchets par an, indique le quotidien. Or, l'unique site de stockage officiel a une capacité de 3 200 mètres cubes... Des dépotoirs sauvages se développent donc. En conséquence, conclut The Guardian, "pour plusieurs de ces îles du Pacifique Sud, le recyclage est vital". En fait, "là où l'argent et l'aide extérieure sont disponibles, l'accumulation des déchets reste sous contrôle. Rarotonga, une des îles Cook [territoire associé de la Nouvelle-Zélande], est en voie de régler son problème de déchets grâce à un site de stockage (de 1,7 million d'euros) qui devrait ouvrir en décembre 2004. Aux Samoa, le dépotoir de Tafaigata a été nettoyé grâce à des financements japonais."

Cependant, d'après Asterio Takesey, le directeur du programme environnemental régional du Pacifique Sud, cité par The Guardian, la tendance à l'accumulation de déchets va s'accélérer dans la mesure où "le Pacifique a besoin de se développer, et ces déchets sont générés par la croissance"
(à lire dans courrier international aujourd'hui)
 
Vu à travers la loupe des minuscules îles du pacifique, le problème du traitement des déchets prend toute sa dimension (dramatique). Et pour ceux qui connaissent notre coin de paradis dans le pacifique qu'est Tahiti, les oppositions rencontrées il y a quelques années lors de l'implantation du centre de tri et d'enfouissement sont révélatrices des difficultés rencontrées par les politiques qui voudraient "prendre le taureau par les cornes".
 
Ces déchets sont de nature diverse.
Chez nous, en France, l'implantation de l'EPR est significatif.
Le choix de cette technologie freine considérablement les recherches sur le réacteur de la quatrième génération, qui brûlerait les déchets radioactifs à vie longue. Mais au delà, ce choix stratégique est dangereux. Indépendamment des déchets, ce sont 14 millions d'électronvolts que l'EPR va généré, dont on ne connaît pas l'effet sur les matériaux. "Or, il devrait être installé dans l'une des rares zone sismique française" (Claude Allègre). Et rien qu'en fonctionnement, il coûtera plus que l'ensemble des laboratoires de recherche publique en biologie et médecine ! Les américains, eux, ont renoncé à cette technologie...
 
Les déchets comme les conséquences de nos choix (stratégiques et) de consommation sont bien diverses...

Publié dans la voix du blog

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